Dossier Special: Alain Soral

Publié le par Militant Libre

Alain Soral parle de l'incident de Sciences-Po et déssine son portrait du FN et de Jean-Marie Le Pen
SORAL 04-12-06
envoyé par TVDIEUDO
 
Salut Public propose un entretien exclusif avec Alain Soral, écrivain sociologue banni des médias officiels. Marxiste pratiquant, enfant naturel du populisme et de la dialectique, cet ancien du PCF prône aujourd’hui une philosophie de l’action hors de toute pose esthétique. Son dernier ouvrage, Chut(e) !, Eloge de la Disgrâce laissait entrevoir l’aube d’une nouvelle aventure politique en France. Nous avons voulu en savoir plus…

1) Robert Gros, le héros de votre dernier roman est mort, la France gronde et les présidentielles approchent, que faire ?

Avec mes 5 derniers livres : Vers la féminisation ? , Jusqu’où va-t-on descendre ? , Socrate à St Tropez, Misères du Désir et Chute ! , j’ai fait un diagnostic plutôt poussé des malaises de la France et du monde actuel.

Deux options s’offraient ensuite à moi. Soit je me répétais jusqu’à l’ennui, un peu comme Houellebecq, et je sombrais dans la dépression, une dépression très littéraire dans la tradition baudelairienne… Soit je passais à l’action pour essayer de changer les choses. Si la période n’avait pas été propice, c’est le premier choix qui se serait imposé à moi, et mon destin aurait été le suicide, destin que choisit Robert Gros, mon héros et mon double, dans Chute ! mon dernier roman, comme avant lui le héros d’Au-dessus du Volcan de Malcolm Lowry…

Mais en ce moment les choses bougent, et par ce mouvement même, ce désordre qui s’accélère, l’espoir renaît… Et voilà qu’en bon analyste marxiste, je dois admettre que les choses ne bougent pas grâce aux partis de gauche traditionnels qui ont renoncé à peu près à tout, jusqu’à choisir une hôtesse pour tout programme politique (comme je l’annonçais déjà dans Vers la féminisation ? Démontage d’un Complot Antidémocratique, dès 1999)… Elles ne bougent pas à gauche ni à l’extrême gauche, où ne sévit plus que la sclérose d’un néo-communisme adolescent, essentialiste, esthétisant mal compris et mal digéré type LO, PT, LCR… Elles bougent dans le camp du populisme. Un populisme qu’un intellectuel brillant comme Michéa a dans le même temps si bien su réhabiliter…

Conclusion : je pense que l’engagement à la fois raisonnable et révolutionnaire pour agir contre les dégâts de l’ultra-libéralisme mondialisé et du communautarisme – communautarisme qui conduit à ce clash des civilisations dont a besoin l’ultra-libéralisme américain pour achever sa domination - c’est de s’engager aux côtés de Jean-Marie Le Pen à la prochaine présidentielle. Aucun renoncement ni délire dans ce positionnement, juste le viril et sain usage de la raison dialectique…

2) Le débat opposant les communautarismes à la République n’éclipse-t-il pas dangereusement les questions de justice sociale ?

La question de la justice sociale est une question économique. La justice sociale c’est le plus juste partage du travail et des richesses, un combat qui passe aujourd’hui - même les économistes marxistes en conviennent – par le soutien des PME, PMI…

La question communautaire n’éclipse donc pas cette question mais vient la redoubler, puisque les pauvres, en plus d’être pauvres sont souvent sur notre sol d’origine africaine et nord-africaine, tandis que les riches sont des bourgeois blancs à vision et visée de plus en plus cosmopolites…

Au conflit de classes s’ajoutent donc les tensions ethniques et religieuses… Et c’est cette adition de facteurs : économie locale contre finance transnationale, lutte du communautarisme et du cosmopolitisme contre l’universalisme républicain… qui replace la Nation, la défense de la citoyenneté et la défense de l’économie nationale, locale, au cœur du combat progressiste. La réconciliation possible du Captial entrepreneurial et du salariat patriote pour - et par - un relèvement partagé de notre pays, de notre civilisation des Lumières à la fois tournée vers l’universel et enracinée, comme au temps du CNR… Et paradoxe, c’est aujourd’hui Jean-Marie Le Pen qui, pour des raisons historiques, dialectiques, incarne en France, à l’échéance des présidentielles et je l’espère au-delà, ce destin gaullien, cette posture à la Chavez, cette tradition bonapartiste…

3) La jeunesse de banlieue issue de l’immigration pèsera-t-elle dans la campagne ?

La jeunesse des banlieues, par la crise morale, économique qu’elle incarne, est le révélateur de tous les mensonges de notre social-démocratie – économiquement néo-libérale, et socialement droit-de-l’hommiste… Un système de mensonges et d’hypocrisie en décomposition accélérée, lui-même parfaitement incarné par le PS, ses assoces de manipulation et de contrôle type SOS racisme, avec ses potes, ses mi-putes mi-soumises…

Le réveil des banlieues, leur émancipation de cette tutelle néo-coloniale perverse sera donc, avec celui des classes moyennes, l’une des deux conditions de la révolution. Pas celle du grand soir chère aux adolescents bourgeois en mal de sensations fortes, mais une révolution douce, structurale, où le politique, parce qu’habité d’une vision sociale et nationale, reprend en main l’économique pour en modifier les rapports capital/travail…

Et pour que ce populisme auquel j’aspire accède au pouvoir et réalise ses objectifs sur le plan social et économique, il faudra à la fois que les banlieues s’émancipent du droit de l’hommisme néo-colonial PS, et que les classes moyennes s’émancipent de l’illusion libérale du MEDEF, de ces deux idéologies mortifères et finalement complémentaires qui leur ont fait tant de mal…

C’est la réconciliation des ces deux forces révolutionnaires d’essences différentes mais complémentaires – réserves d’énergie de la jeunesse pauvre issue de sociétés patriarcales à haute teneure morale et raison pratique des adultes de la petite et moyenne bourgeoisie française – qui permettra le saut qualitatif.

La jeunesse des banlieues est donc, avec la classe moyenne, l’une des deux mamelles de la révolution nationale. Et la révolution nationale ne pourra se faire que par leur réconciliation, leur coopération, contre les voyous du Medef et des cités, eux-mêmes alliés objectifs depuis plus de trois décennies, comme le démontrent les positionnements de plus en plus troubles, réactionnaires et désormais intenables des ex-animateurs de mai 68…

Voilà pourquoi la main tendue de Dieudonné à Le Pen est un signe d’espoir, fondamental.

4) Quels pourraient être les actes forts d’une réconciliation nationale Gaulois-Céfrans ?

Je crois y avoir déjà répondu partiellement dans ma réponse précédente. Pour la compléter je dirais : une réponse de Le Pen à cette main tendue de Dieudonné - et ce que cet autre insoumis symbolise -, sous la forme d’un projet économique rapide et concret pour les banlieues. Un contrat, donnant-donnant où le respect ne sera plus un vain mot, mais une offre de formation et de travail respectable…

5) Finalement, pourquoi la France ne devrait-elle pas disparaître dans le marché et l’Union Européenne ?

Parce que le Marché et l’Union européenne, qui ne sont qu’une seule et même chose, c’est de la merde ! La disparition de l’humain dans la marchandise au seul profit d’un petit groupe d’abuseurs sans âme, soit le seul vrai et ignoble fascisme !

Ce fascisme que ne parviennent toujours pas à identifier ces crétins de gauchistes essentialistes qui se croient libres, résistants, révolutionnaires et modernes, alors qu’ils sont si bien instrumentalisés depuis 35 ans par un Système qui leur donne l’ordre de se focaliser sur l’insoumis Le Pen !

C’est de la réaction - elle bien réactionnaire - de ces idiots utiles qui ont fait de Chirac un président réélu à 82 % en 2002, à la suite d’une campagne de l’entre deux tours digne d’un pays totalitaire, dont j’ai le plus peur ! Pas des beaufs nationalistes ni des jeunes de banlieues…

Qui vivra verra…

Alain SORAL

Source: http://www.salutpublic.fr/spip.php?article70

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